jeudi 30 novembre 2006

il n'y a pas de fatalité ...



Puisqu'il fallait en toucher un mot, voilà je m'y colle. A vrai dire je ne sais quoi dire d'original puisque tout le monde le supporte au quotidien, puisque tout le monde tente de répondre intimement a une question qu'il soulève de lui-même : sans être président il est omniprésent, alors après ...
Ce soir, sur France 2, Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature au primaire de l'ump [quel scoop !] en utilisant sa réthorique classique, celle fondée sur un triptyque éculé conjuguant la si fameuse République française à l'ordre et aux libertés économiques [tirées du petit manuel de poche si cher à la droite : "comment être libéral sans effrayer l'électeur"].
Résumons en trois phrases ce qu'il a élucubré en presque trois heures d'antenne : libérons les énergies (moins de charges sociales, plus de flexilité sur le marché du travail, plus de formation professionnelle, possibilité à chacun de travailler plus s'il le désire - sans jamais dire que c'est le chef d'entreprise qui détermine sa masse salariale et non l'aggrégation des désirs de travailler propre à chaque salarié - programmes sociaux remodelés à l'éfigie d'un workfare state anglo-saxon fondé sur une forte dégressivité des aides destinées aux chomeurs et aux personnes défavorisées), faisons de la République, encore une fois, l'épouvantail de notre sytème représentatif déliquescent (les valeurs de la République sont le lien qui nous unis nous français, fermons la porte à ceux qui remettent en cause ce lien ... "la France tu l'aime ou tu l'a quitte" en somme), organisons notre pays en faction contre les ennemis de l'intérieur (le voyou qui n'est plus jeune, ni quoi que ce soit "puisque c'est un voyou avant tout", voir un "barbare") et de l'extérieur (un peu comme l'on soupçonnait, non sans raison, Moscou d'avoir comme cinquième colonne intérieure le pcf de Thorez) ...
A force d'assener cet amoncellement d'idées si innovantes et si motivantes [la peur est un bon moteur non ?], je me surprends à imaginer un monde sans télévision, sans médias, sans marketing politique ... S'il y a des problèmes ce n'est pas avec cette approche si catégorique que l'on peut les régler. Des solutions existent et demande l'effort de tous. Le premier sera de voter. Là il faut faire quelque chose.

http://sarkostique.over-blog.com/article-1420172.html

un disque : friends of dean martinez "under the waves"

mercredi 29 novembre 2006

manifeste de l'économie sociale et solidaire


"L'économie solidaire de proximité à l'ambition, non pas biensûr de remplacer l'économie de marché, mais de s'attaquer aux problèmes des plus démuniset aux besoins individuels et collectifs délaissés par le marché et l'Etat"


Alors voilà ... le 7 décembre 2006 à la mutualité a lieu, sous l'égide du réseau France Active, le meeting de l'économie sociale et solidaire. Quel peut bien être l'intérêt de s'y rendre, de s'en préoccuper ?
Bon pour être clair je suis un néophyte du genre. Mes études m'ont "brillament" éveillé à l'ère du vide économique, matiné de théorie quantitative de la monnaie ou encore d'analyse du chomage "volontaire", mais elles ne m'ont que trop rarement sensibilisé au factuel, au pragmatisme d'un discours économique partant de l'acte à la théorie. L'économie sociale et solidaire est en ce sens immanente, procédant du tissu social et analysé a posteriori par certains économistes qui daignent la médiatiser.
Très concrét, cet effort est la traduction de la volonté d'institutions séculaires telle la Caisse des Dépôts et Consignation [plus connue comme caisse de financement des offices hlm ou plus récement comme stratège du capitalisme patriotique français] ou encore des réseaux de banques et de compagnies d'assurance mutualistes tels le crédit coopératif ou la Macif, réunis ensemble au sein de l'association France Active (créée en 1988).
L'économie solidaire n'est pas une révolution mais bien une alternative dynamique. Se concentrant sur la géographie oubliée de l'activité économique, elle "est présente partout où l'on promeut la recherche du bien commun, l'emploi des plus défavorisés". L'objectif est de penser autrement la défaite du modéle social-étatique français que par l'ornière libérale, notamment en créant une économie de proximité (logement des exclus, éducation populaire, aide aux personnes, accès aux loisirs, recyclage, insertion par l'activité économique, commerce équitable, capital-risque pour micro-entreprises ...)
Afin de promouvoir et fortifier ce mouvement bien réel (comme quoi l'espoir n'est pas interdit !) le manisfeste propose un petit catalogue à la prévers avec dix propositions concernant chacune un corps social différencié :

- le citoyen : réconcilier acte de consommation et désir de solidarité, donner un sens solidaire à l'épargne,
- le salarié : confier une partie de la rémmunération à des fonds salariaux solidaires (grandes entreprises), l'Etat se devant de mieux les réglementer,
- l'étudiant, l'actif, le militant, le syndicaliste : améliorer la formation de chaque salarié, de chaque entrepreneur,
- les collectivités publiques : mettre en place des "facilitateurs" pour permettre l'éxécution d'une partie des marchés publics par des entreprises solidaires comme le veut la loi,
- les régions : consacrer 15% des budgets liés à l'action économique à l'économie sociale et solidaire notamment en contractualisant des projets avec l'Etat, les départements et les communes,
- les départements : redonner une place dans la société aux personnes en grande difficulté dans l'optique d'un investissement rentable pour les finances publiques (plus de richesse, moins de charges),
- les financiers : développer l'épargne et le capital-risque solidaires,
- les entreprises : développer la co-traitance et la sous-traitance avec les acteurs de l'économie solidaire,
- les syndicats : promouvoir l'épargne salariale solidaire et améliorer la représentation des entreprises solidaires,
- l'Etat : organiser l'économie sociale et solidaire par un cadre juridique adapté tout en apportant ses garanties à celle-ci.

Il ne s'agit donc pas d'un big-bang idéologique au parfum surrané mais bien de la promotion d'un mouvement susceptible d'être transformé en lame de fond. Ce qui m'a le plus frappé, c'est qu'il s'agit de redonner un sens éthique au travail et à ses fruits, sans jamais idéologiser cette volonté. Pas de coupables désignés. Cela change d'Attac et de ses tutélaires non ?


http://www.franceactive.org/

un disque : the fratellis "costello music"

mardi 28 novembre 2006

elf - "la pompe afrique" de Nicolas Lambert



« Je m'aperçois que nous ne sommes pas face à trois personnes qui ont dérapé. C'est beaucoup plus profond que ça. Il s'agit réellement d'un système de gouvernement » Eva Joly

Un mot d'abord pour l'artiste Nicolas Lambert et sa prestation. Excellent. Incarnant à la fois le Président du Tribunal, Loïc Le Floch-Prigent, Alfred Sirven et André Tarallo, en plus d'autres protagonistes de l'affaire, Nicolas Lambert distrait sans jamais ennuyer en réussissant la prouesse de rendre compte avec légéreté ce qui constitue un des scandales les plus sulfureux de la République. Cette Rébublique perpétuant en sous main l'empire colonial par la dépendance économique.
Car s'il s'agit de l'histoire des grandes largesses de la première entreprise de France, qui plus est, sous contrôle et protection de l'Etat, c'est avant tout la mise a nue de l'esprit inondant alors secrétement les travées du pouvoir, de droite comme de gauche, honteusement mais sûrement, à savoir cette corruption déshonnorant l'engagement militant.


Nous nous étonnons au quotidien de la désaffection des citoyens pour la République mais ce sont-ils excusés, eux, d'avoir dégradé la politique sous le poids de leur intérêt personnel (je laisse à chacun faire sa liste) ? Ceux qui payent, et peut être même pour les autres [mais qu'importe!], sont considérés comme des martyrs non comme des coupables par leurs pairs. Pourquoi une telle hypocrisie collective ?

Nicolas Lambert se nourrit de cette gêne qu'éprouvent ces hommes à avouer tels des délits ces "fautes" qu'ils ont commis, ou ces "faiblesses" qu'ils ont eu. Leurs intérêts personnels étant si liés au destin de l'Etat Français, ils ne prirent pas la mesure de l'escroquerie qu'ils perpétuaient. Financer des dictatures africaines, acheter le soutien d'hommes politiques, entre autres, n'était que la condition de leur aisance matérielle.

La probité est bien rare. Elle permettrait pourtant, si elle se conjuguait avec la responsabilité politique, de définir autrement le citoyen que comme un vulgaire "piéton de la République" ... On s'interroge sur la crise de la représentation sans jamais remettre en cause, autrement que par des mots, ladite représentation.





un disque : Rachel's "the sea and the bell"