mercredi 27 décembre 2006

désaveu



L'air froid filtrant par les fenêtres s'amuse à me caresser le cou, me maintenant en éveil. Les vitres humectées par l'amplitude de température dégagée par mon souffle, lent et régulier, déforment le paysage qui s'offre à moi. Un doux arpége de guitare épurée s'invite à moi, une voix douce et suave, d'un timbre chaleureux, soutient sa mue crépusculaire. D'un mouvement diffus, l'harmonie légére se tend et se pare d'une fulgurante puissance que la basse génére. De scintillantes notes révéle les cîmes proches, une fin grandiose, puis l'apaisanteur magnifiée d'un mélodique piano ... le rythme se consume alors de lui même, et s'éteint, lentement, laissant un chant mélancolique s'évaporer dans un calme assourdissant. Le paradoxe est saisissant. Au travers de la vitre, la nuit irrigue ma vue d'un sentiment indescriptible. L'instant tranquilise mes inquiétudes personnelles en plus de celles que je projette sur notre société éclatée. Qui croire ? Que croire ... même ?
Jean Claude Guillebeaud remarque que "tout se passe comme si une réflexion sur le monde, une pensée crédible ne pouvait plus être acceptée qu'après qu'elle eut accompli un détour par l'aveu ou plus précisément, par le désaveu. Avant de dire ce qu'il croit, chacun est invité à réveler ce qu'il a eu tort de croire aupara
vant. (...) Comment penser sérieusement aujourd'hui alors que de grands esprits se sont fourfoyés hier ?".
La tache est ardue et se heurte de plus à l'éclatement d'une socité favorisant les revendications sectorielles ou locales au détriment des idéaux totalisant. On peut être serein
mais garder le doute comme réflexe, le danger étant l'immobilisme. Mais si un esprit ne peut s'atteler à cette tâche, une multitude oui. C'est donc bien d'une refondation démocratique, débarassée d'aparas médiatiques, qu'il s'agit d'encourager. Car le seul vote ne peut plus être l'unique messe citoyenne. Impliquer les gens à la vie de leur quartier favoriserait l'implication plus globale de ceux-ci. Ceci est bien loin des prisons mentales que l'on nous propose comme plat de résistance quotidien avec comme ingrédient peur et altérité à forte dose. Il faut sortir des shémas éculés avec raison. C'est urgent.

un disque : grandaddy - "just like the fambly cat",
dernier album. Des barbus qui sont, eux, à regretter.

2 commentaires:

Larsen a dit…

ça y est, j'ai compris ou était ton "annonce" sur Viaduc ( je ne voyais pas le lien s'afficher).

Bien d'accord avec ton analyse

JM

Anonyme a dit…

Cher Thibault je te présente mes meilleurs voeux pour l'année 2007... en espérant que 2007 t apporte santé joie amour dans tout ce que tu entreprendras.

A bientôt

Elodie