dimanche 3 décembre 2006

mogwai



Le monde grouille d'automates, interloqués et bousculés par la vie, ce triste refrain qui suit les couplets de rêves engourdis, dévoyés par les premières lueurs du jour. Les corps s'épuisent à se détruire, les esprits s'envolent et croient s'en tirer, mais la souffrance et la faim d'un sort toujours meilleur est le plus lourd des lests qu'il reste à détacher. La conscience est malsaine lorsqu'elle feint d'étre le début et la fin, alors qu'elle n'est qu'un moyen de ce début et de cette fin .. de cette manière les grandes et moribondes idéologies s'emparent de ces coprs décharnés et le massacre commence: le déchaînement urbain, irremplaçable pour le citadin, est bien l'ultime lieu de cette triste indolence.. Futilement, et sans grand dessein, certaines violences se recyclent : une fois l'écume blanche de la rage ravalée, elles se parent de soie et de grandes mélodies, se perdent dans les vapeurs sirupeuses d'un grand théâtre pour insomniaques, et font la joie d'une poignée d'insouciants, la vie use, mais ne nous rompt pas .. Des parôles, d'un groupe toulousain défunt, s'invitent à moi : " Les angles aux détours des rebords, à tout les coins, sur toutes les fenêtres, à tout les coridors .. Heureusement qu'il y a la viande, celle de nos villes et celle de nos cimetières pour arrondir ces angles .. Ceux du rebords, de tout ces coins, de toutes ces fenêtres et de tout ces coridors .. "
A force de s'échapper, et de s'adonner à ces élans sonores qui nous convienent tant, l'on quitte des lieux, délaissés au triste sort d'automates réagissant par stimulus catodiques, vers d'autres peuplés de sentiments contradictoires, vivant, donc violents, participant ainsi à ne réduire le réel qu'à un cirque fantôche, où chacun n'est, au final, qu'un malade de sa propre vie. Les calmants et médecines sont différents, et font notre différence. Ces guitares ressemblent évidemment à cet opium qui me satisfait tant.



un groupe : mogwai, à découvrir absolument

1 commentaire:

julie a dit…

hum, j'aimerais dire un truc pas trop con après tout cela… bon, je m'abstiens donc. Je trouve ce texte très beau.